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Taxe de séjour à Strasbourg : ce que l’Eurométropole attend des loueurs

Avatar de Sylvaine Fontaine

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C’est la question qui revient le plus souvent de la part des propriétaires qui se lancent dans la location meublée : « je dois vraiment collecter une taxe moi-même ? » Oui, et il vaut mieux comprendre le mécanisme avant la première réservation plutôt qu’après un contrôle.

Une taxe locale, décidée par l’Eurométropole

La taxe de séjour n’est pas nationale dans son montant : chaque collectivité fixe ses propres tarifs dans un cadre légal commun à l’ensemble du territoire. À Strasbourg, c’est l’Eurométropole de Strasbourg qui vote chaque année les tarifs applicables sur son périmètre, pour tous les hébergements marchands : hôtels classés, résidences de tourisme, chambres d’hôtes et meublés de tourisme, qu’ils soient classés ou non.

Taxe au réel ou taxe forfaitaire : une distinction à connaître

Le régime applicable sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg fonctionne selon le principe de la taxe de séjour au réel : le montant dû dépend du nombre de nuitées effectivement vendues et du nombre de personnes hébergées, contrairement à la taxe forfaitaire que certaines communes appliquent sur la base de la capacité d’accueil, occupée ou non. Concrètement, cela signifie qu’un loueur ne paie que sur ce qu’il a réellement facturé, mais que la responsabilité de bien collecter, nuit par nuit et personne par personne, lui revient entièrement.

Qui collecte, sur quelle base, et quand reverser

Le tableau ci-dessous résume les grandes catégories que rencontrent le plus souvent les loueurs de l’agglomération strasbourgeoise. Les tarifs précis évoluent chaque année et se vérifient toujours avant la saison sur le site de la collectivité ou via la plateforme de déclaration en ligne.

Catégorie d’hébergement Base de calcul Qui collecte Quand reverser
Hôtel classé (par étoile) Tarif fixé selon la catégorie d’étoile, par nuit et par personne majeure L’établissement, directement sur la facture du séjour Selon la périodicité fixée par l’Eurométropole, le plus souvent trimestrielle
Meublé de tourisme classé Tarif propre à la catégorie de classement, par nuit et par personne majeure Le loueur, ou la plateforme lorsqu’elle est mandatée pour la collecte Selon le même calendrier de déclaration en vigueur
Meublé de tourisme non classé Pourcentage du coût de la nuitée par personne, plafonné par la réglementation Le loueur, ou la plateforme quand elle collecte pour son compte À la même échéance déclarative que les autres catégories
Chambre d’hôtes Tarif par nuit et par personne majeure, selon la grille votée par l’Eurométropole L’hôte, en direct auprès de ses clients À la même échéance déclarative que les autres catégories

Un point revient systématiquement dans les questions des loueurs : quand une plateforme de réservation collecte déjà la taxe pour le compte de l’hôte, celui-ci n’a pas à la faire payer une seconde fois au client. En revanche, la responsabilité de la déclaration auprès de la collectivité reste souvent partagée entre la plateforme et le loueur, et il vaut mieux vérifier précisément qui déclare quoi avant la première saison plutôt que de le découvrir lors d’un contrôle.

Les erreurs les plus fréquentes

Trois situations reviennent régulièrement chez les loueurs qui démarrent. La première : oublier de distinguer les personnes majeures des mineurs, ces derniers étant exonérés — un détail qui change le calcul dès qu’une famille réserve un séjour. La deuxième : continuer d’appliquer un tarif de meublé classé alors que le classement est arrivé à expiration, ce qui bascule automatiquement le bien dans la catégorie non classée et modifie la base de calcul. La troisième, la plus coûteuse : ne pas déclarer du tout sous prétexte que les volumes loués restent faibles, alors que l’absence de déclaration expose à un redressement portant sur plusieurs années à la fois.

Où trouver l’information à jour

Les tarifs et les modalités précises de déclaration évoluent d’une saison à l’autre et se vérifient toujours en direct auprès de l’Eurométropole de Strasbourg. Pour le cadre légal général de la taxe de séjour, qui s’applique à toutes les communes qui l’ont instaurée, la fiche pratique de service-public.fr reste la référence la plus fiable, loin devant les résumés que l’on trouve parfois sur des forums de propriétaires.

Anticiper le contrôle plutôt que le craindre

Un contrôle de la taxe de séjour porte le plus souvent sur la cohérence entre le registre des nuitées déclarées et les réservations réellement encaissées, qu’elles passent par une plateforme ou en direct. Tenir un registre à jour, nuit par nuit, avec le nombre de personnes majeures hébergées, protège autant qu’une bonne comptabilité générale : c’est le document que l’administration demande en premier, avant même de discuter du montant collecté. Pour un loueur qui gère un seul bien, quelques minutes par semaine suffisent à tenir ce registre à jour ; pour qui en gère plusieurs, un tableau de suivi simple, mis à jour à chaque réservation, évite le rattrapage fastidieux en fin de trimestre.

Cette rigueur administrative s’inscrit dans une logique plus large : gérer un meublé de tourisme suppose aussi de choisir le bon canal de réservation, une question que j’aborde dans le détail à propos de la commission des plateformes de réservation. Et pour les propriétaires qui envisagent une remise à niveau de leur bien avant de se lancer, le sujet de l’aménagement des chambres mérite d’être traité avant même de fixer les tarifs de la saison.


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